Antoine Bottiroli

Ne me demandez pas pourquoi.

Venu dans ce monde à la fois drôlement dramatique et dramatiquement drôle le 16 février de l’an mille neuf cent nonante dans la cité dite de Calvin, je suis le porte-drapeau des adversaires de la Saint-Valentin, un phobique des oiseaux en cage et un inconditionnel du gigot d’agneau.

Ne me demandez pas pourquoi.

À dix-sept ans, je découvris ce moyen si exquis de goûter à la jouissance de la création. Et obligatoirement, le frisson envahissant tant mon corps et mon âme, je ne cédai plus à chacune des envies qui devenaient des appels, puis des drogues, pour devenir enfin un deuxième poumon. Les passions de la liberté et de la vérité m’habitant, je me plais à donner à mes écrits des airs de vie ; fades et tristes.

Ne me demandez pas pourquoi.

Alexandrins et proses, je pourrai presque en dire qu’ils sont mon quotidien. Cette année, je publie aux yeux de tous l’ébauche terminée de mon premier roman ; mon second bébé. Il est beau – un peu sexy, même – ; tout rose, si révolté et si fragile.

Ne me demandez pas pourquoi.

Féru des belles lettres classiques et du mot camusien, amoureux de l’essence et de l’Idée, ennemi juré du pavoisement matériel et de l’uniformité d’esprit, passionnément opposé aux abatteurs de vieux édifices, je puis être considéré comme un révolté d’une décadence sociétale malsaine.

Ne me demandez pas pourquoi, je mène ma révolution à ma façon.