Karola Altona

Avant d’être artiste, peintre, couturière, dessinatrice d’étiquettes de vin, fervente admiratrice de Friedensreich Hundertwasser, Karola Altona est un personnage que tout un chacun gagnerait à rencontrer. Cette femme, née à Bonn en 1955, s’est formée à l’Ecole Supérieure des Arts Visuels (actuelle HEAD) à l’âge de 22 ans. Depuis, elle n’a pas cessé de créer dans son atelier genevois, où elle a un bon nombre d’oeuvres à son actif. Pour elle, l’art n’est pas une thérapie, car celle-ci suggère une guérison et, à ses yeux, créer est un moyen d’apprendre à vivre avec ses propres handicaps, de faire de ses faiblesses une force et de donner un sens à sa vie. Ainsi, sa peinture vise à interroger quelle direction prendre, comme l’illustre son cycle pictural Quo Vadis ?, dans lequel sont représentés des paysages et un éternel panneau indicateur de direction. Si, pour Karola, la peinture est une aventure, la vie n’en est pas moins une, dont la seule arrivée est la mort inéluctable.

En attendant, créer permet de vivre avec ses problèmes, tout en cherchant à s’en libérer. Pour ce faire, Karola ne manque pas d’imagination en travaillant d’autres matières que la peinture, comme l’œuvre Dénouer, qui est constituée de cravates et de foulards accrochés à une structure et dont le but est de faire et défaire des nœuds entre les tissus. Les étoffes sont d’ailleurs un de ses moyens de prédilection. En effet, chaque année, Karola devient une œuvre d’art vivante en revêtant une robe qu’elle a confectionnée elle-même pour se rendre à Art Basel, la plus grande foire du marché de l’art. L’artiste a réitéré ce genre d’exhibitionnisme humoriste en 2009, lors du vernissage de l’exposition « Post Tenebras Luxe » au musée Rath, devant lequel elle a placé une Vache Grasse confectionnée de tissus.

La quête de Karola à travers ses œuvres picturales se traduit par le motif itératif de l’ancre marine, attachée à une chaîne qui serpente la toile au point obsessionnel de ne laisser aucune place au vide. Et les quelques centimètres carrés épargnés seront inévitablement recouverts de gouttes d’eau, autre élément récurrent dans son œuvre. Sa peinture est aussi guidée par la musique, thème qui lui a d’ailleurs valu une exposition à Loèche-les-Bains, suite à la suggestion de sa sœur Beate, avec qui elle a exposé trois fois. Karola doit la vivacité du coloris de certains de ses tableaux à sa fascination pour Friedensreich Hundertwasser, artiste autrichien qui, tout comme Van Gogh et Picasso, a été une authentique source d’inspiration pour l’artiste allemande. On peut constater que quelques tableaux de Karola oscillent entre le figuratif et le non-figuratif. Or, elle refuse d’appartenir à la seconde catégorie, car à ses yeux, « tout le monde voit quelque chose. Un tableau abstrait serait un tableau imaginaire qu’on ne voit que dans sa tête ». Somme toute, Karola Altona est plus qu’une simple artiste : elle est une personne fascinante, dont l’œuvre remarquable vaut le détour.

Son site : http://www.karola-altona.com/