Vincent Du Bois

 

Depuis la fin de sa formation de sculpteur sur pierre, Vincent Du Bois privilégie le travail de la main. Cette technique ancestrale qui a servi l’ère classique, il exprime à travers deux media principaux; le dessin et la sculpture. Deux modes d’expression qu’il met autant au service de la figure qu’à ce lui de la recherche contemporaine. Cette recherche plastique trouve son origine dans la riche tradition familiale de l’artiste qui compte plusieurs talents reconnus de l’histoire de l’art suisse, comme Albert Anker peintre du 19ème ou Robert Hainard fameux peintre et sculpteur animalier disparu en 1999. Quant à la taille du marbre, Vincent Du Bois s’y initie auprès de la famille italienne de sa mère, les Cassani, sculpteurs sur pierre depuis plusieurs générations.

De cet héritage culturel, l’artiste a tiré bons nombres d’influences décisives pour sa formation. Mais cette mémoire du passé s’est également enrichie d’apports personnels acquis au cours de ses études de plasticien en Suisse, en Italie dans les ateliers aux pieds des carrières de marbre de Toscane et à Chicago, aux Etats-Unis, où il a obtenu un Master en sculpture. Vincent Du Bois s’intéresse et s’exprime aussi à travers l’expression abstraite et conceptuelle qu’il aborde comme compléments indispensables à la technique classique. Une déjà longue liste d’expositions, de prix et de commandes publiques jalonnent son parcours.

L’aménagement de la place de la Ville du Grand-Saconnex (sortie Aéroport de Genève) qui met en scène deux blocs de marbre de vingt cinq tonnes baigné par de l’eau, ou la récente acquisition de la Ville de Lancy où un bloc erratique de six tonnes forme un passage sur la promenade d’un nouvel édifice public (EMS), ode à la mémoire des anciens, démontre l’intérêt de l’artiste à travailler avec le contexte architectural, sans crainte de se confronter à toutes les échelles. C’est là bien la caractéristique de cet artiste aux multiples facettes dont l’ouverture d’esprit et la curiosité lui ont permis de dialoguer avec bien des matériaux et des cultures, diffusant dans le même élan son travail dans bien des pays, et aussi loin que que le Japon. Passant constamment de l’objet à l’installation, l’œuvre de Vincent Du Bois oscille toujours entre philosophie, poésie et regard critique sur son temps.

En définitive le parcours de Vincent Du Bois tisse une véritable toile, tant les registres parfois si différents qu’il fait se côtoyer se complètent et se marient dans une harmonie aussi originale qu’heureuse. La main, le cœur, la tête, tous trois sont les outils avec lesquels il jongle avec des élans vertigineux et passionnés. Dans son atelier les douces formes des modelages en terres côtoient les installations urbaines de fer recyclé. Pour Vincent Du Bois, les lourds outils de la pierre n’ont pas d’autres choix que de danser avec légèreté pour épouser le caractère polymorphe de ses recherches.
Par Marie Hélène Brou Critique d’art